Billetterie
Djazia Satour
LE FOYER
vendredi 5 juillet 2019
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Djazia Satour revient avec un nouvel album intitulé Aswât (Des voix) qui explore, dans une veine subtile et personnelle, l’héritage musical algérien. On reconnaît dans ses compositions les influences les plus actuelles, teintées de folk et d’une pop acoustique et percutante. L’inspiration s’infléchit cependant de façon marquée vers les genres traditionnels qui ont bercé ses premières années.
Cette résurgence des modes musicaux et des rythmes algérois n’est pas seulement perceptible dans les accents mélodiques et l’interprétation, tout en touches de sensibilité.
Elle s’affirme dans les phrasés et les contre-chants du banjo et du mandole qui font jaillir leurs étincelles sublimes. Porté par ces deux ailes virevoltantes du chaâbi et soutenu à son paroxysme par le bendir, le chant prend de l’altitude et se libère dans un souffle nouveau, rafraîchissant.
Les textes évoquent sur un ton à la fois intuitif et distancié les thèmes de la dépossession, de l’exil et de l’errance (Ida, Taleb Laman, Chouf Ellil), en appelant à la mémoire et à l’amour qui avivent la nostalgie des lieux désertés et des gens disparus (Souâl, Loun Liyam, Ya Ma Tal). Ce sont autant de voix qui répercutent le tumulte du monde, dont La mélodie des vents (Neghmat Erriah) entrelace “les cris et les lamentations”. Elles ne pouvaient donc mieux s’exprimer aujourd’hui qu’en arabe, langue d’écriture de toutes les chansons.
Le retour aux sources musicales se nuance alors de ces affleurements du présent, comme si le réel s’immisçait pour une fois dans la nostalgie et le souvenir. C’est dire que, loin de céder aux tentations passéistes, ce nouvel album de Djazia Satour va chercher dans la tradition de nouvelles opportunités d’invention.