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Carte blanche GUTS & HEAVENLY SWEETNESS
LA TERRASSE
dimanche 7 juillet 2019 - 16:00
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Si vous avez raté le début…

D’abord caché dans les crédits des pochettes de disques à la rubrique “composition et production”, Guts a assuré sa renommée de beatmaker en taillant la bande-son d’Alliance Ethnik, de Big Red ou des Svinkels.

En solo depuis 2007 et son album “Le Bienheureux” (Wax On Records), il a ensuite élargie sa palette musicale avec “Freedom”, un disque plus sombre mais aussi plus construit sorti sur son propre label Pura Vida. Exilé à Ibiza, c’est depuis son île des Baléares qu’il publiera en 2011 “Paradise For All”, sur le label qui est encore à ce jour le sien, Heavenly Sweetness.

And The Living Is Easy, I Want You Tonight, Brand New Revolution : chacun des albums recelait un titre devenu depuis classique.

Depuis 2013, il concocte avec son complice Mambo, les compilations Beach Diggin’, vouées à la découverte de galettes rares et ensoleillées.

Depuis que le hip hop est entré dans sa vie par effraction, quelque part dans les années 80, Guts lui a consacré tout son temps et son énergie. Ciselant pour lui des milliers de samples, passant des nuits à la recherche du beat parfait ou de la mélodie justement calée, le regard dirigé vers l’Ouest, en direction du Bronx.

Alors, en 2014, après vingt-cinq ans d’une dévotion sans faille, il se décide à magnifier cette musique qui, par la richesse et la qualité des sources utilisées, a fait de lui le producteur qu’il est. Cette musique qui l’a rendu aussi curieux qu’exigeant et aussi ouvert que raffiné. MPC sous le bras, Guts est allé enregistrer à la Mecque New-Yorkaise, collaborant avec Patrice ou Coddy ChesnuTT, avec les légendes Grand Puba ou Masta Ace, mais aussi, dénichant dans les angles morts des artistes plus confidentiels comme la chanteuse soul Lorine Chia,  le duo de Mc’s véloces Tanya  Morgan ou le jazzman Leron Thomas. De ces sessions studio est né  “Hip Hop After All”, album en forme de déclaration d’amour et de remerciements éternels, pierre apportée par Guts à cette cathédrale musicale en même temps que planche d’appel pour aller encore plus loin… Car, balayer la France et une partie de l’Europe avec un live-band pour porter sur scène ses classiques mais aussi les titres rutilants de Hip Hop After All (Open Wide, Man Funk, Want It Back…) l’avait conforté dans une idée plus que présente dans un coin de sa tête :  faire un album où les proportions 80 % samples et programmation / 20 % live seraient inversées, le faisant passer de faiseur de grooves programmés à chef d’orchestre d’un collectif.

Repoussant sa perpétuelle exploration musicale pour aller  vers l’électro-funk, l’afro-disco, le jazz spatial, Guts ne s’est rien interdit pour composer ETERNAL, album qui sort en 2016, résultat d’une distillation créative entre les membres du live band de Hip Hop After All (Florian Pellissier aux claviers, Greg F. à la guitare, Kenny Ruby à la basse, Tibo Brandalise à la batterie, Leron Thomas, trompette et chant) et les nouveaux éléments Tanya Morgan et Lorine Chia.

C’est avec cet effectif que Guts va quadriller un nombre conséquents de scènes et de festivals, puis, finalement, en redessiner les contours. Leron Thomas, Lorine Chia et Von Pea céderont respectivement leurs fauteuils à Wolfgang Volburn, Mary May et Beat Assailliant, et c’est aux commandes de ce groupe nouvelle génération qu’il sortira en 2017 son EP “Stop The Violence”.

2017 sera également l’année où, avec son partenaire Mambo, Guts sortira Beach Diggin’ 5, un ultime chapitre qui viendra clore une série de compilations qui aura illuminé bien des étés.

En 2019, c’est d’abord l’idée d’un retour à ses fondamentaux de beatmaker qui s’était installée dans l’esprit de Guts. Un retour aux samplers et au séquençage. Découper, pitcher, filtrer, découper encore, programmer, déconstruire pour mieux construire. Un travail en solitaire à peu près à l’opposé de ce qu’il avait vécu ces trois dernières années et la sortie d’Eternal, un album enregistré avec son Pura Vida Band, puis un show rodé, développé et perfectionné pendant des tournées en France et en Europe. 

Alors, ce demi-tour vers le beatmaking, Guts l’a finalement remis en dessous de sa pile d’idées et en a fait remonter une autre, celle de faire un album radicalement différent des précédents. 

Expérimental, ensoleillé, qui explorerait toutes ces vibrations venues de l’hémisphère sud que Guts collecte depuis des années en s’adonnant à sa passion du diggin’. Celles avec lesquelles il embrase ses dj sets, celles qu’il a patiemment collectées sur les cinq volumes de ses compilations Beach Diggin’. 

Un album afro-tropical.  

Pour mener son plan à exécution, Guts s’est adjoint les services de Cyril Atef (co-leader de Bumcello et de Congopunq) et de Ben Abarbanel-Wolff (homme de l’ombre pour les légendes africaines Pat Thomas et Ebo Taylor) à qui il a confié une partie des clés de la réalisation. Aux percussions de Cyril et au saxo de Ben, il a conjugué la basse de Kenny Ruby, la batterie de Cyril et le trombone Adélaïde Songeons. La réunion des cinq a donné naissance à son nouveau live band. Un axe autour duquel tous les morceaux ont été pensés et composés. Un totem sur lesquels allaient s’agglomérer par la suite les arrangements et à partir duquel toutes idées supplémentaires allaient être développées.  

Soutenu par les claviers tout-terrain de l’indéfectible Florian Pellissier et en liaison ponctuelle avec le beatmaker Izem resté au Portugal, le redoutable quintet a tracé la route du groove, frayé le chemin dans l’épaisse jungle musicale pour que d’autres musiciens puissent rejoindre le camp de base.  

Jowee Omicil, Lameck Macaba, Djeuhdjoah et Nicholson, Pat Kalla, faussant pour l’occasion compagnie au Voilààà Sound System, Draman Dembélé, Black Sage, ou encore Mario Canonge.  La sommité du semba angolais, Vum Vum. La souveraine de la samba-soul Catia Werneck. Pinduca alias Le Roi Du Carimbo. L’illustre Nazaré Pereira. Tous sont donc venus prêter main(s) forte(s). Ajouter une dose de cuivres, de guitare, de flûte ou de vibraphone. Tapisser le titre de clavier, faire résonner le boisé du balafon, prendre le micro pour une caresse vocale ou pour se déchaîner à en faire vibrer la cabine. Pour mettre des poèmes en musique ou apporter une pointe d’humour.  

Voyager entre Brésil, Caraïbes et Afrique. Perdre le sens de l’orientation dans une transe afro, entre le vrombissement de la basse et les percussions tournoyantes, se déhancher jusqu’à déshydratation sur du funk coriace, onduler en douceur sur un jazz-funk brésilien. 

Comme dans un voyage en biplan, contempler Haïti, Trinidad et les Antilles, admirer Cameroun, Guinée et Burkina. Survoler la forêt amazonienne, spectateur de sa luxuriante végétation. 

Guts est aux commandes de l’appareil. Sur la carlingue, une fresque colorée et généreuse annonce le nom de ce nouvel album : PHILANTROPIQUES.